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Sécurité

Sextorsion : que faire si l'on vous fait chanter

12 septembre 2026
6 min

Victime de sextorsion ? Ne payez pas. Les réflexes à adopter tout de suite, les preuves à garder et les contacts utiles en Belgique pour sortir du chantage.

1Qu'est-ce que la sextorsion ?

La sextorsion est un chantage à la diffusion d'images intimes, le plus souvent pour obtenir de l'argent. Une personne affirme détenir des photos ou une vidéo de vous. Elle exige ensuite un paiement pour ne pas les envoyer à vos proches. Le message arrive parfois tard le soir, avec un délai très court. Tout vise à vous faire paniquer et à vous empêcher de réfléchir.

Si cela vous arrive, retenez d'abord ceci : vous êtes victime d'une infraction, pas coupable d'une faute. En Belgique, la loi punit le chantage comme la diffusion d'images intimes sans consentement. Avoir fait confiance à quelqu'un n'a rien de honteux. Ce qui compte maintenant, c'est d'agir avec méthode, étape par étape.

2Deux formes de chantage très différentes

La première forme de sextorsion repose sur de vraies images. Une personne a gagné votre confiance en quelques jours, puis a obtenu des photos ou enregistré un appel vidéo. Dans ce cas, la menace existe, mais elle reste gérable avec les bons réflexes. Son objectif est l'argent, et chaque paiement lui prouve que la pression fonctionne.

La seconde forme est une arnaque par e-mail. Le message prétend que des pirates ont pris le contrôle de votre webcam pendant que vous visitiez des sites pour adultes. Pour paraître crédible, il cite parfois un ancien mot de passe, issu d'une fuite de données. En revanche, il ne montre aucune image de vous, et le même texte circule en masse.

Pourtant, si vous n'avez jamais partagé d'images intimes, cette sextorsion par e-mail n'est qu'un bluff. Safeonweb, le service du Centre pour la Cybersécurité Belgique, le rappelle clairement. Ne répondez pas, ne payez rien et changez simplement le mot de passe cité. Vous pouvez aussi transférer ce message suspect à Safeonweb.

3Le scénario type sur une application de rencontre

En rencontre en ligne, la sextorsion suit souvent le même fil. Tout commence par un match très séduisant, aux photos soignées, qui vous couvre de compliments. Après quelques messages, la personne propose de continuer sur WhatsApp, Telegram ou Instagram. Le prétexte varie : elle se connecte rarement ici, ou son abonnement arrive à échéance.

Ensuite, l'échange s'accélère et devient intime. La personne propose un appel vidéo, se montre dévêtue, puis vous invite à faire de même. Souvent, sa propre image n'est qu'une vidéo préenregistrée. Pendant ce temps, elle enregistre votre écran à votre insu.

Quelques minutes plus tard, la menace tombe. Vous recevez une capture de l'appel, avec la liste de vos amis ou collègues trouvée sur vos réseaux sociaux. Enfin, la personne exige une somme, parfois en cryptomonnaie ou en cartes cadeaux.

Ces signaux d'alerte ressemblent à ceux d'une arnaque sentimentale ou d'un faux profil. La différence tient surtout au rythme : tout peut se jouer en une seule soirée.

4Sextorsion : les bons réflexes tout de suite

Face à une sextorsion, le premier réflexe consiste souvent à payer pour que tout s'arrête. C'est compréhensible, mais payer n'arrête presque jamais le chantage. Au contraire, un premier versement montre que vous pouvez payer, et de nouvelles demandes suivent souvent.

Coupez donc le contact, sans négocier ni supplier. Avant de bloquer, prenez le temps de rassembler les preuves, car la police et la plateforme en auront besoin. Consultez aussi les conseils de Safeonweb et la page de prévention de la police fédérale sur le chantage sexuel.

Si la menace vise vos proches, vous pouvez aussi les prévenir vous-même, avant le maître chanteur. Quelques mots suffisent : « Si vous recevez un message ou une vidéo à mon sujet, ne l'ouvrez pas et ne le partagez pas. Je suis victime d'un chantage et je m'en occupe avec la police. » Ainsi, la menace perd une grande partie de son pouvoir. Enfin, si des images circulent déjà, signalez chaque publication au réseau social qui l'héberge.

  • Ne payez rien, même une petite somme pour gagner du temps
  • Cessez tout contact et ne répondez plus aux menaces
  • N'effacez rien et gardez les preuves : captures d'écran, pseudo, profil, coordonnées de paiement demandées
  • Signalez le profil sur la plateforme, puis bloquez-le
  • Portez plainte auprès de la police locale, preuves en main
  • Appelez Card Stop au 078 170 170 si vous avez donné vos coordonnées bancaires

5Si les images concernent un mineur

Si la victime a moins de 18 ans, contactez Child Focus au 116 000 sans attendre. Ce service gratuit accompagne les jeunes comme les parents face à la sextorsion.

Si vous êtes parent, restez calme et remerciez votre enfant de vous en avoir parlé. Face aux reproches, les jeunes risquent de se refermer, alors qu'ils ont besoin d'aide. Surtout, ne transférez jamais les images vous-même, même pour servir de preuve. Les partager reste interdit lorsqu'elles concernent un mineur, quelles que soient vos intentions.

Si vous avez moins de 18 ans et que vous lisez ceci, sachez que vous n'avez rien fait de mal. Parlez-en à un adulte de confiance, ou appelez directement le 116 000.

6Ne gardez pas cette honte pour vous

La honte reste l'arme principale du chantage. L'auteur compte sur votre silence pour garder le contrôle. Pourtant, la victime d'une sextorsion n'a commis aucune faute : c'est la personne qui menace qui enfreint la loi.

Et si vous avez déjà payé ? Ne vous le reprochez pas : la pression était réelle, et la panique est une réaction humaine. Arrêtez simplement les versements, gardez les preuves de paiement et joignez-les à votre plainte. Si vous avez payé par carte ou par virement, prévenez aussi votre banque.

Parlez-en à un proche en qui vous avez confiance : un ami, une sœur, un cousin, une collègue. Dire les choses à voix haute fait souvent retomber la panique. Vous n'avez pas besoin de montrer les images, ni de raconter chaque détail. Une phrase suffit, par exemple : « Quelqu'un me fait chanter, j'ai besoin de ton aide ce soir. »

Si vous préférez parler à quelqu'un d'extérieur, Télé-Accueil vous écoute au 107, de façon anonyme et gratuite. En néerlandais, Tele-Onthaal propose la même écoute au 106. Ces bénévoles ne jugent pas. Enfin, si l'angoisse devient trop lourde, votre médecin généraliste peut aussi vous orienter.

7Prévenir le chantage et garder la main

Pour échanger en toute sécurité, la meilleure protection contre la sextorsion reste simple : n'envoyez jamais d'images intimes à une personne rencontrée récemment. Une relation sérieuse se construit avec du temps, pas en une soirée.

Sur Koeur24, vous pouvez passer des appels audio et vidéo sans quitter l'application. Vous n'avez donc aucune raison de basculer vers une autre messagerie, ni de donner votre numéro. Si un profil insiste pour poursuivre ailleurs, voyez-y un signal. Vous pouvez signaler et bloquer un profil suspect en un clic, et notre équipe de modération examine chaque signalement.

  • Gardez les échanges dans l'application tant que vous ne connaissez pas vraiment la personne
  • Méfiez-vous d'un appel vidéo qui dérive vite vers l'intime
  • Activez la double authentification (2FA) sur vos comptes
  • Réglez la confidentialité de vos réseaux sociaux : les maîtres chanteurs y trouvent la liste de vos proches
  • Protégez votre vie privée : ni adresse, ni employeur, ni liste d'amis visibles
  • Privilégiez les profils vérifiés, sans baisser votre vigilance

Questions fréquentes

1Que faire en cas de sextorsion ?
Ne payez pas et cessez tout contact, sans négocier. Gardez ensuite les preuves : captures d'écran, pseudo, profil et coordonnées de paiement demandées. Signalez le profil sur la plateforme, puis bloquez-le. Enfin, portez plainte auprès de la police locale. Si vous avez donné des coordonnées bancaires, appelez Card Stop au 078 170 170 sans attendre.
2Faut-il payer un maître chanteur ?
Non. Payer n'arrête presque jamais le chantage, car un premier versement prouve que la pression fonctionne. La personne revient souvent avec une nouvelle demande, plus élevée. Gardez plutôt votre argent et vos preuves, et confiez le dossier à la police locale. Un proche ou une ligne d'écoute peut vous aider à tenir bon pendant ces jours difficiles.
3Un e-mail dit avoir piraté ma webcam, est-ce vrai ?
Si vous n'avez jamais partagé d'images intimes, il s'agit d'un bluff, comme le rappelle Safeonweb. Les escrocs envoient ces e-mails de sextorsion en masse, parfois avec un ancien mot de passe issu d'une fuite de données. Ne répondez pas et ne payez pas. Changez le mot de passe cité, activez la double authentification et transférez le message à Safeonweb.
4Qui contacter si un mineur est victime de sextorsion ?
Appelez Child Focus au 116 000, sans attendre. Ce service gratuit conseille les jeunes comme les parents. Ne transférez pas les images, même comme preuve : conservez seulement le pseudo, le profil et les messages de menace. Portez ensuite plainte auprès de la police locale. Child Focus peut vous guider dans ces démarches.

Sources et références

Les organismes officiels à consulter sur ce sujet :

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